La Contrebande
Il y a dix femmes.
Il y a dix corps, dix voix, dix paroles.
Il y a Ophélie arrachée à Hamlet.
Elvire défigurée sous les yeux de Dom Juan.
Macha qui revoit Trigorine.
Chimène qui tient tête à Rodrigue.
Il y a Mademoiselle Du Parc, entre Gros René, Molière et Racine.
Scarlett Johansson qui appelle sa mère en pleine nuit, depuis le tournage de Lost in Translation.
Victoire qui passe un casting pour faire la publicité d’une compagnie d’assurances.
Peg Entwistle qui se suicida en sautant des lettres blanches du mot Hollywood.
Charlotte, le personnage interprété par Scarlett Johansson dans Lost in Translation de Sofia Coppola.
Margaret Hughes qui fut la première actrice professionnelle anglaise.
Il y a cinq personnages féminins issus du théâtre ou du cinéma et cinq actrices : dix contrebandières, toutes habitées par le désir de chercher quelque chose qui n’est pas de ce monde, de combattre la honte, l’asservissement amoureux, les humiliations, la morgue masculine, le silence imposé, les fardeaux de l’héritage ou de l’ambition, pour objecter, exister, vivre, tout changer.
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